Lagger Blues Machine

Profile:
Lagger Blues Machine formed in the late 1969's, the band name which was apparently chosen as a sly nod to the band's appreciation of a good brew before, during and after performances, featured the talents of guitarist Jose Cuisset, brothers Christian Duponcheel and Jean-Luc Duponcheel (keyboards and drums respectively), and bassist Michel Maes. The group apparently managed to attract some media attention on the Belgian club circuit and following a 1970 Brussels concert performance (they opened for Wishbone Ash at a local shopping mall), CBS Records decided to sign them to a contract.
Members:

Albums

Lagger Blues Machine - Lagger Blues Machine album art Lagger Blues Machine Lagger Blues Machine (Album) CBS Belgium 1972 Sell This Version
Lagger Blues Machine - Tanit Live album art Lagger Blues Machine Tanit Live (Album) Ficrivan, Fanny Belgium 1988 Sell This Version

Compilations

Lagger Blues Machine - The Complete Works album art Lagger Blues Machine The Complete Works (Comp) Mellow Records Italy 1994 Sell This Version

Reviews Show All 3 Reviews

Add Review

music_emporium

music_emporium

January 28, 2016
Version longue
Lagger Blues Machine
Insolite et éphémère RESUME La courte existence du groupe, ses nombreux concerts, énergiques et parfois erratiques, son unique album, à la production déloyale mais aux compositions généreuses et fertiles, marque le territoire musical belge du début '70s : la musique de LAGGER BLUES MACHINE est singulière, éprise de liberté et souvent novatrice.
la genèse
Objet insolite de la scène belge du début des '70s avec son Jazz Rock Symphonique mi-Canterbury mi-Brabant (alors pas encore Wallon ni Flamand), souvent explorateur, parfois expérimental, Lagger Blues Machine résonne de façon particulière à mes oreilles puisque son (seul vrai) album ('72) fut mon tout premier Long Playing - et que, jusqu’aujourd'hui, j'en aurai usé deux exemplaires en vinyle, suivis d'une version Compact Disc qui, elle aussi, aura beaucoup tourné. Ce qui ne constitue pas une raison suffisante pour y consacrer cet article, amplement légitimé toutefois par la nature aventureuse et le caractère affirmé de la musique écrite et développée par le groupe. Son histoire démarre véritablement en '69, quand les frères Duponcheel (Christian, compositeur, à la guitare électrique, plus tard aux claviers et Jean-Luc à la batterie, respectivement dix-sept et quinze ans) et Daniel Timmermans (basse) montent à Middelkerke par l'autoroute de la mer (aujourd'hui rebaptisée E40) et posent leurs amplis au Casino pour un de ces « concours d'orchestres », au jury présidé par Francine Arnaud, de la (RTB) - qui diffusera des extraits des concerts des finalistes. Jenghiz Khan rafle la première place, mené par Pierre Rapsat et Big Friswa, suivi par le groupe des frères Duponcheel, qui, l’appétit conforté par cette réussite, se lient d’amitié avec Michel Maes (basse) et José Cuisset (guitare), membres de l’éphémère troisième du podium - sans batteur, son avenir était tout sauf assuré. Exit Timmermans - et Serge Figeys qui, ponctuellement, tenait la rythmique. La mouture (quasi) définitive de Lagger Blues Machine est née. Si Maes est un autodidacte - il travaille de ses mains et exerce jusqu’il y a peu la profession de plombier -, les Duponcheel ont derrière eux plusieurs années de formation théorique : Christian, éveillé à la musique à onze ans par la de Beethoven, s’intéresse aux nouveaux courants du XXème siècle et à l’Underground, en même temps qu’il approfondit guitare et orgue (il chante aussi, à sa manière, éructant des onomatopées), tandis que Jean-Luc préfère la technique et le défoulement sur caisses et cymbales ; José, lui, sort de son manche des soli charpentés et sensibles à la fois, nourri par l’écoute de ses demiurges, Jimmy Page ou Eric Clapton.
la manager
Et Simone « Sim » Dohmen peut s'en donner à coeur joie : présente dans la vie du groupe dès ses débuts à Itterbeek - elle habite près du garage mal insonorisé qui sert aux répétitions. Inspiratrice (d'après Piero Kenroll dans sa chronique de l'album dans la rubrique du ) de la pochette du LP (en fait c'est une légende urbaine et la réalité, plus prosaïque, est qu'il s'agit d'un tableau déniché par le groupe et repeint pour éviter de payer des droits), elle met rapidement sa maturité, son enthousiasme et ses encouragements au service du management du quatuor. Sim dégote les contrats, , le promoteur de l'achat à tempérament (location avec option d'achat), bruxellois et bien connu magasin d'instruments de musique, fournit le matériel, les musiciens répètent chaque jour et jouent tous les week-ends - jusqu'à trois concerts sur la même journée ! -, se font connaître en France et abordent des événements de plus en plus cossus : le à Paris, Bordeaux ou le festival de Seloncourt ('71, Doubs) où les musiciens ébahis rejoignent Gong sur scène pour une jam avec Daevid Allen et Robert Wyatt. Peu après, à Jemelle, Lagger Blues Machine partage la scène avec Golden Earring, icône hollandaise qui fait un tabac avec , mais c’est au du 31 octobre ’71 - le deuxième, celui où un dénonciateur du capital (un animateur de la Ferme V, maison des jeunes qui a accueilli Genesis lors de son premier concert hors Angleterre ?), se fait éjecter dans la fontaine du Woluwe Shopping Center pour avoir critiqué le financement du show par la publicité : « vous êtes tous achetés. C'est un festival de vendus ! » - que LBM joue devant l’assistance la plus large : plus de douze mille personnes se sont donné rendez-vous au complexe commercial de Woluwe-Saint-Lambert, l’une des plus aisées parmi les communes de Bruxelles pour y voir et entendre LBM, Warhorse, Pete Brown And Piblokto et Wishbone Ash. C’est une des prestations du groupe à laquelle j’ai assisté, avec celle au Parc de Roodebeek quelques semaines avant - événement de soutien à la Ferme V, menacée de disparition, qui rassemble, dans un joyeux capharnaüm, tout ce que le pays compte de musiciens plus ou moins underground -, ou celle, dans des conditions de sonorisation guère plus confortables, place Verboeckhoven (dans une cuvette schaerbeekoise entourée de tramways tintinnabulants et de voitures pétaradantes, poétiquement dénommée « Cage aux Ours »). Mais c’est le concert de Jandrain, petit village du Brabant Wallon, dans une discothèque (le ) au public plus habitué aux reprises populaires des Serpents Noirs, qui m’a définitivement conquis : nous n’étions que quelques-uns venus pour écouter Lagger Blues Machine (j’avais moi-même échoué là grâce aux accointances de ma soeur ainée avec le fils du patron, mon jeune âge interdisant a priori la fréquentation de ce type de lieu de débauche potentielle), dont la musique constituait l’antithèse parfaite des sonorités habituelles d’un « dancing » fait pour les rencontres du samedi soir, aux recoins à peine éclairés par une discrète lumière rougeâtre et j’étais sidéré d’entendre, de si près et comme pour moi seul, l’avalanche de notes de cette curieuse, exaltante et agitatrice - sans parler des éructations de Christian Duponcheel et de celles, à peine mieux domptées, du saxophone. « Sim cherchait des contrats de tous les côtés et on a abouti là comme ça », explique Christian. « On n'a jamais eu de gros problèmes en tombant dans ce genre d'endroit mais, c'est vrai que c'était un cas un peu particulier et les gens râlaient un peu car la musique était pour eux assez infernale. Je me souviens avoir pris le micro et dit : écoutez, nous, on n'est pas ici pour vous faire danser, mais pour vous faire écouter de la musique. Alors, pour une fois, faites travailler votre cerveau et vous ferez travailler vos jambes après avec les autres… Et ça a marché, tout le monde s'est tu, on a pu finir le concert et on a été applaudis. »
l'élargissement
À ce moment, le groupe s’est élargi à deux nouveaux membres, Carmelo Pilotta (saxophone et flûte, ex-Philharpopic Orchestra de Mr Hayes) et Vincent Motoulle (orgue - il signera deux des cinq morceaux
de l’album), suite à une expérience originale : après un premier essai plutôt convaincant, Lagger Blues Machine et Arkham (précurseur d’Univers Zero), deux formations qui partagent un goût certain pour des références comme Magma ou Soft Machine, joignent leurs capacités instrumentales lors d’un concert offert à l’Opération 48.81.00 (grand événement radio-télé caritatif, au bénéfice des personnes handicapées). Jean-Luc Manderlier et Christian Duponcheel co-composent quelques morceaux à deux claviers, deux batteries, guitare et basse (joués une seule fois et malheureusement pas enregistrés), occasion pour Daniel Denis et Jean-Luc Duponcheel de s’éclater, chacun derrière son abondance de tambours et autres disques de cuivre. Séduit par cet exercice à deux orgues, LBM élargit sa palette sonore mais perd (un temps seulement) Michel Maes, irrité de l’orientation artistique du groupe, à son avis trop rigide.
l'enregistrement
Même si Piero Kenroll harangue le pays et se rebiffe contre le « manque de producteurs valables » qui laisse sur le carreau discographique des groupes comme LBM, celui-ci décroche finalement un contrat d’enregistrement auprès de CBS. Belgique. Le disque fait un (relatif) grand bruit, le même Piero mettant en avant les arguments plastiques de la pochette (qu’il attribue à Sim - les arguments, pas la pochette), sans pour autant négliger les aspects purement musicaux. Au grand dépit du groupe, le mixage est bâclé, bidouillé en une journée, en l’absence des musiciens - d’après Christian, le producteur se montre plus intéressé par sa comptabilité (faire des frais rapidement, afin de ne pas payer trop d’impôt) que par les compositions et les souhaits des musiciens. L’album doit s’appeler , du nom du court morceau qui clôture la face A, à la guitare acoustique doublée à la flûte à bec, que Christian a apporté au studio en dernière minute, mais la muse nue à la hallebarde est déjà chez l’imprimeur et la chose reste donc éponyme - jusqu’à l’édition, en ’88 de , enregistrement du concert du 31 octobre ’71 à Woluwe-Saint-Lambert sur un vieux recorder Philips (la pochette indique, par erreur, que la bande date de ’70). Le disque paraît en ‘72 (je l’achète chez Cado Radio, boutique d’électro-ménager située dans la Rue du Fossé au loup, adjacente à la place De Brouckère à Bruxelles, surpris de voir que deux morceaux seulement occupent toute la face B), se vend finalement à près de deux mille exemplaires (ce qui n’est pas si mal - il fait même une brève apparition dans le hit-parade des disquaires de ) et ses bénéfices ne franchissent pas la porte de la comptabilité du généreux producteur - il s’agit d’abord de rembourser les fameux frais généraux.
l'après-album
Les mois qui suivent sont mouvementés pour Lagger Blues Machine : en désaccord avec Vincent Motoulle, Christian s'en va. Mais c'est un recul pour mieux sauter et, peu de temps après, opérant un véritable retour aux sources, il refonde, avec de belles pièces dans ses bagages (un piano électrique et un orgue ), le quatuor d'origine. À nouveau réunis, les frères Duponcheel, José Cuisset et Michel Maes se remettent au travail : de nouvelles compositions prennent forme, s'inspirant d'une proposition du peintre Manu Vandevelde : illustrer douze toiles axées sur le thème du . La musique se fait plus mélodieuse, colorant différemment le répertoire du groupe, moins acide et un brin plus accessible, mais l'ambitieux projet capote et le feu sacré s'étiole. Les concerts se font plus clairsemés, avec une dernière prestation le 20 août '72 au , fameux festival du Nord de la Belgique (près d'Hasselt), qui accueille cette année, parmi d'autres, Lindisfarne, Matching Mole, Curved Air ou MC5. Le groupe succède à Hare Krishna, Ars & Replica et Recreation, dans l'après-midi de la journée consacrée plus spécifiquement au Jazz - en tête d'affiche ce soir-là : Chick Corea, Charles Mingus Sextet et Sonny Rollins -, y récolte un franc succès, mais, faute de temps, doit renoncer au rappel. Francine Arnaud, qui n'a pas oublié le numéro deux du concours au Casino de Middelkerke, invite LBM à jouer live lors de son émission télévisée quelques semaines plus tard. C'est l'occasion de faire connaissance avec les anglais de Caravan, avec qui une jam s'improvise pendant la pause - le dispositif technique et bureaucratique de la RTB de l'époque est relativement lourd : ingénieurs du son, cameramen, porteurs de câbles (les caméras sont de lourdes machines sur base mobile que le préposé manie avec peine, le câble qui en sort, de plusieurs centimètres de diamètre, vaut son pesant de cuivre et nécessite une personne spécifique pour le déplacer), souvent vêtus de cache-poussière au ton de muraille, bénéficient de pauses à intervalles réguliers, qui interrompent ainsi l'enregistrement de l'émission.
Dragon
L'aventure Lagger Blues Machine se termine. En '72, trois anciens de Kleptomania - le live band prometteur a joué de malchance en misant, après deux singles plutôt Heavy, sur , label hollandais éphémère dont la faillite a prématurément interrompu l'enregistrement d'un album qui ne viendra jamais - se retrouvent en studio sous l'égide d'Armand Massaux (ancien guitariste de Night Rockers), qui a réuni Charlie Deraedemaeker (basse), Dany Lademacher (guitare) et Roger Wollaert (batterie), plus Patrick Gijsen (orgue) pour mettre en boîte le single , sous le nom de Clint Silver. Le 45 Tours ne décolle pas mais le groupe décide de repartir à l'assaut sous le nom de Lee (d'après le patronyme du berger Tervueren qui a adopté Charlie - ou le contraire), quand Gijsen meurt dans un accident de voiture. Christian Duponcheel est pressenti pour le remplacer, il participe à plusieurs répétitions, mais Armand déprime ou explose, souvent en désaccord avec les autres et finit par quitter Lee, signant dans la foulée un contrat de production à Paris. Un brin paumé parmi ces enjeux qui le dépassent, Christian ne trouve pas vraiment sa place et Lee fera, notamment, la première partie de Slade à Forest-National (la grande salle de béton bruxelloise), devant huit mille spectateurs, sans lui. Les frères Duponcheel s'acoquinent un moment avec Christian Genêt (bassiste, Univers Zero et Present) et sa compagne (clavier et trompette), avec l'intention de monter un groupe, mais le projet n'aboutit pas plus que celui avec le même Genêt et Roger Trigaux (fondateur, avec Daniel Denis, de Present), dont Christian Duponcheel appréciait particulièrement le travail sur les rythmes et les nombreux riffs, probablement parce que Jean-Luc était encore aux études. En ouvrant son magasin d'instruments (à Etterbeek, en face de l'Académie de musique flamande), celui-ci tente de marier gagne-pain et goût pour la musique. « Jean-Luc, qui a toujours été très débrouillard comme commercial, allait chercher les amplis en Angleterre et il les vendait beaucoup moins cher que si on devait passer par le grossiste officiel hollandais. Puis il s'est installé à la rue du Midi, en face de la Maison du Miel, au milieu de tous les autres et là, évidemment, il a pris un bouillon et la société TMS s'est arrêtée. » Ensuite, Jean-Luc travaille avec Jean Vanaise, qui gère une société de distribution de disques plutôt spécialisée en Rock et Rock Progressif - le gros distributeur la poussera à la faillite en faisant couper la ligne de crédit, pour ensuite racheter l’entreprise
asphyxiée -, dont Christian est client pour fournir les rayons de son petit magasin de disques de Ternat (il est derrière le comptoir le samedi, après sa semaine de chauffeur poids lourds, sa femme tient la boutique pendant la semaine). C’est par ce biais que Christian fait la connaissance, en '76, de musiciens de la région d'Ath (entre Lille et Bruxelles) abondamment équipés : leur matériel n'a rien à voir avec l'ampli de juke-box bricolé dans sa caisse en bois des débuts de LBM, de même que le local de répétition détonne avec le garage où Sim Dohmen avait découvert le groupe. La musique de Burning Light, Rock Progressif de très bon niveau, privilégie les développements instrumentaux - après le départ de deux bons vocalistes, le chant n'est définitivement pas l'atout principal du groupe des frères Vanaise, Jean à la guitare et au chant et Georges aux percussions, batterie et flûte - et s'est construit un référentiel personnel, au large spectre de timbres et d'harmonies (les musiciens pratiquent plusieurs instruments). Impressionné, Christian intègre le groupe, s'offre son rêve d'un orgue et d'un et appuie l'idée de mieux se faire connaître, y compris en dehors des frontières, en gravant les meilleurs titres du répertoire du band sur un Long Playing. marque son intérêt dans un premier temps, mais, faute de concrétisation, le groupe s'attelle à autoproduire - c'est une première à l'époque - son disque, éponyme, sous le nom de Dragon - ça sonne plus international et plus moderne. Il se charge aussi (mais mal) de la promotion et d'une bonne part de la distribution des mille cinq cents copies, et confirme la maladresse de ses choix marketing en privilégiant l'écriture d'un deuxième album - qui sera publié à quatre cents exemplaires par Jean Vanaise dans les '80s, avant une réédition en CD par en '92 - à la défense sur scène du premier. Ensuite, la lassitude s'installe : les musiciens, récemment mariés, ont du mal à concilier musique et vie de couple, la tendance est défavorable à cette musique complexe, '77 voit le débarquement Punk et Dragon s'éteint, en silence. Avec Jean-Pierre Houx (trompette, trombone, claviers et basse), Christian Duponcheel joue un temps avec Alcool (c'est le nom du groupe, qui se transforme ensuite en... Graffiti) avant d'arrêter là ses aventures musicales. Ou presque car les frères Duponcheel gèrent pendant quelques années les magasins de disques des Shopping Centers de Bruxelles, Christian à Anderlecht et Jean-Luc à Woluwe - à l'endroit même où Lagger Blues Machine s'était produit, avant l'alerte à la bombe qui, même si aucun explosif n'a été trouvé après l'évacuation (digne et presqu'ordonnée malgré l'absence de service d'ordre) des douze mille spectateurs chevelus et dépenaillés, a sonné la fin des Free Shows.
les oiseaux
Lorsqu'il revend les droits de LBM à Philippe Collignon en '88, en même temps que sa collection de vinyles Rock, Christian n'écoute plus guère que de la musique Classique. À l'initiative de Jean-Luc, décidément l'entrepreneur de la famille - il a travaillé pour , à Lille et dans le Nord de la France, s'est installé comme grossiste DVD près de Châteauroux dans le Centre -, Christian se délocalise également en France : Jean-Luc « avait envie d'arrêter depuis longtemps et avait suivi des cours du soir pendant quatre ans pour être directeur de maison de retraite, suite à la maladie d'Alzheimer de notre père, qui l'avait particulièrement touché. Je suis très fier de mon petit frère car il fait ça très bien : il est directeur d'un village retraite, quatre-vingt petits pavillons indépendants, les gens l'adorent, il y a un restaurant, toute une infrastructure. Et quand moi j'ai perdu mon dernier job, trois ans avant la retraite, il est venu me trouver en disant : tu viens en France, tu t'installes comme autoentrepreneur, t'es un bon bricoleur, si tu veux bricoler, moi j'ai du boulot. Et voilà, du coup je vis dans l'Indre plus qu'en Belgique, même si j'y ai encore un petit studio près de Ath, où je vais de temps en temps pour voir mes filles et les copains. J'ai toujours aimé le bricolage, ça me vient de mon père. Avec la mère de mes enfants on avait entièrement transformé une maison à Orp-le-Grand, qu'on a revendue avec une belle plus-value à la séparation. Puis, j'ai construit une maison entièrement écologique avec ma seconde femme, je me suis fait livrer la carcasse et j'ai fait tout l'intérieur, absolument tout, en écologique, mais j'ai dû la revendre lors du divorce. Heureusement, j'ai gardé mes outils, maintenant ils me servent. Par ailleurs, j'ai suivi quatre ans de cours d'ornithologie et j'organise des voyages ornithologiques. Ça marche bien, ça me fait une petite rentrée. Avec mon oreille musicale, je reconnais facilement la structure du chant des oiseaux (les condisciples du cours du soir me jalousaient un peu pour ça car ils avaient pas mal de difficultés), c'est vraiment passionnant, presque une drogue dure. » Et qu’écoutent les Duponcheel Brothers entre un coup de marteau, une séance de dans assise et un chant de faucon crécellerette ? « Jean-Luc écoute da la musique plus simple que celle qu'on faisait. Moi, j'ai rapatrié mon coffret de Magma, j'ai pas mal de Jazz et beaucoup de Classique. C'est ma formation de base, j'aime beaucoup, même du contemporain. Mais je n'ai plus beaucoup de CDs, j'ai dû vendre ma bibliothèque de cinq mille CDs, classiques essentiellement, suite au divorce. J'en ai gardé quelques-uns et ai racheté des groupes comme Premiata Forneria Marconi, Banco Del Mutuo Soccorso et tous les Gentle Giant, que j'écoute encore de temps en temps. On a beaucoup aimé Soft Machine, on a même eu l'occasion de les rencontrer : pendant une semaine on jouait en première partie d'une pièce de théâtre au (Bruxelles) et on connaissait bien Jo Dekmine (le boss du 140). Et on est allé voir Soft Machine au 140 et Jo nous a amené dans la loge du groupe, qui nous a dédicacé son troisième album. »
Downtrip
Entre-temps, en '75, José Cuisset s'en va gratter ses cordes chez Doctor Down Trip, champion de Belgique du changement de personnel et qui, après le départ de Michael Heslop (l'ex-Burning Plague) et de Sylvain Paul - le premier LP ne s'est pas vendu, malgré le virage du Psychédélique vers le Hard Rock -, raccourcit son nom à Downtrip et tente encore deux albums avant de jeter le gant, en '79. En '83, Cuisset compose pour Rendez-vous, le groupe de Bernard Degrave, un mini-hymne Pop Rock assez euh... lointain de ses premiers amours. Quelques années plus tard, il exerce ses talents dans un autre genre encore, auprès du John Lauwers Band, qui a fait évoluer son Country Folk des débuts (un album éponyme en '78 et une apparition sur la célèbre autant que marginale compilation belgo-belge de '80) vers un Blues Rock plus hargneux - que le groupe aura même le loisir de défendre en URSS, l'année de la chute du mur de Berlin. Lauwers et Cuisset se retrouvent encore à l'occasion, par exemple fin '08 au Café Montmartre de la Place de la Petite Suisse à Bruxelles, avec Guy Stroobant, un autre fidèle des débuts, pour le plaisir, la musique et le houblon. Michel Maes contribue au premier single de Storm In A Nutshell (SIAN, groupe d'obédience New Wave, mené par Renaud Janson, ex-Sttellla), paru en '82, puis disparaît des radars musicaux. On retrouve Vincent Motoulle un moment dans l'entourage de Guy Segers (Present), puis on perd sa trace. Quant à Carmelo Pilotta, pas plus de nouvelles de ce très bon flûtiste-saxophoniste - hormis un avis de décès le 26/01/2011 à 58 ans à Jemappes, mais il s'agit peut-être d'un homonyme.
le legs
Mine de rien, l'album continue à tracer son sentier, avec plusieurs rééditions (en vinyle ou en CD, chez , ou - en Belgique donc mais aussi en Italie ou en Allemagne), et bénéficie toujours d'une cotation avantageuse de son pressage original auprès des collectionneurs. (les quatre morceaux enregistrés au Free Show d'octobre '71) d'abord édité chez en '88, connaît lui aussi une seconde vie et se retrouve, accolé à l'album studio, par exemple chez en '95 sur un CD titré . Enfin, pour l'anecdote, l'origine du nom du groupe, avec une certaine ironie, est réputée issue du penchant prononcé des musiciens pour une bonne bière avant, pendant et après les répétitions ou les concerts. Encore une légende urbaine, puisque Christian explique : « Tout à fait par hasard, dans un gros dictionnaire Harraps Anglais-Français, j'ai trouvé le mot "Lagger" et puis c’est venu comme ça. C’était assez amusant car je n’aimais pas le blues à l’époque (maintenant je l’apprécie quand même de temps en temps mais ce n’est pas ma tasse de thé) et on s’appelait comme ça et c’était le paradoxe car on ne faisait pas de Blues du tout. C’est venu par hasard, on a trouvé quelque chose qui sonnait bien et puis après j’ai regardé dans le dictionnaire, vraiment un gros dictionnaire, c’est une déformation de "laggard", je ne sais plus ce que ça veut dire. » On a cherché : « lagger » fait référence à quelqu’un qui prend plus de temps que nécessaire, qui est à la traîne...
CONCLUSION
Maladroit, instable, à l'image de la scène musicale des '70s en Belgique, Lagger Blues Machine aura marqué les esprits, mais à la manière d'une étoile filante : un flash qui passe, aventurier, douteux, troublant.
Alain Pire et Bernard Vincken
avec l'aide de Christian Duponcheel, Jean Jième (www.memoire60-70.be) et Philippe Collignon
music_emporium

music_emporium

September 7, 2015
Lagger Blues Machine - s/t. 1972 CBS

CD reissues: 1994 Mellow (known as The Complete Works and includes Tanit Live) (Italy); 2012 Veals & Geeks (also with Tanit Live)

LP reissues: 2006 Amber Soundroom (Germany); 2012 Veals & Geeks (as Tanit)

Packaging: My introduction to this album came via the Mellow CD that I bought immediately upon release. I'd actually heard the Tanit Live (1970) posthumous album when it first came out in 1992, and it's a miserable sounding album, so it's nice that Mellow made those as bonus tracks here. The sound of the album proper is a bit muffled. About 10 years ago, I lucked into buying an original LP very cheap, for roughly 20% of its current value. It's hardly mint, but we were able to clean the vinyl and it sounds pretty good. The cover has some flaws, but it's still very nice. Expect to pay around $500+ for a mint one (which are extremely scarce in that condition). And finally I went forward with the Veals & Geeks LP to see what they did with it. I like the use of rough paper for the cover. But that's where my appreciation ends. The cover art is blown up too big, and it's out of focus. The vinyl is one of those bricks with very poor sound, and the mastering is worse than the Mellow CD. And there was no history accompanying it. The CD apparently has an 8 page booklet detailing the history of the band. Why this wasn't also included in the LP is anyone's guess. Overall, it seems more like a cheap bootleg, then the authentic reissue that it is. Fortunately I didn't pay much for it, or I would have been sorely disappointed. I cannot recommend the V&G issues (I presume the sound of the CD to be poor as well). I have not seen or heard the Amber Soundroom version. One more comment on the sound for those of you who have only heard the reissues: They are all muffled and sound pretty horrid. The original LP (even in the VG condition that I own) is considerably clearer than any of the reissues. Like Soft Machine's "Third", it isn't a great sounding album to begin with, but the original vinyl absolutely destroys the Mellow CD, or even worse, the Veals & Geeks LP. I continue to own all 3, but will move the V&G LP at some point. The Mellow release continues to be the best CD out there.

Notes: Lagger Blues Machine's sole studio album is right in my wheelhouse for European instrumental progressive rock (there are some sporadic voices here and there, but hardly a vocal album). There's a jazzy base to the rhythms, with constant twists and turns, along with plenty of colors provided by the variety of keyboard, sax, and guitar tones. Nothing sits still too long, and all of the sections focus on composition and melody rather than on lengthy, or worse atonal, soloing. This is a must have if you enjoy the Canterbury bands like Soft Machine and Moving Gelatine Plates, along with Frank Zappa's "Hot Rats" and all its followers (which were usually Continental European). One of Belgium's best albums for certain.
From:
http://unencumberedmusicreviews.blogspot.co.il/search/label/Lagger%20Blues%20Machine
music_emporium

music_emporium

June 2, 2015
Lagger Blues Machine's sole studio album is right in my wheelhouse for European instrumental progressive rock (there are some sporadic voices here and there, but hardly a vocal album). There's a jazzy base to the rhythms, with constant twists and turns, along with plenty of colors provided by the variety of keyboard, sax, and guitar tones. Nothing sits still too long, and all of the sections focus on composition and melody rather than on lengthy, or worse atonal, soloing. This is a must have if you enjoy the Canterbury bands like Soft Machine and Moving Gelatine Plates, along with Frank Zappa's "Hot Rats" and all its followers (which were usually Continental European). One of Belgium's best albums for certain.

Videos (3) Edit